12.04.06
créer c'est résister. résister c'est créer.
Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et à transmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :
Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc.
Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ».
Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.
voulez vous autoarchiver vos éléments anciens?
Des fois des éléments se glissent dans la corbeille subrepticement mais c'est rare.
La plupart du temps on les y colle volontairement.
Allez PAF! Vous, Vous là dedans! Don't move! Wait & see! Please! I come back!
(I come back c pour respecter la charte hein mais c'est pas obligatoire c'est comme on veut comme toujours)
Après...dire ce qui s'y passe dans la corbeille, va savoir!
Entre ceux qui veulent plus de place, ceux qui veulent une place rien qu' à eux, ceux qui peuvent pas s'encadrer, ceux qui s'étonnent encore d'être là, ceux qui se persuadent qu'ils s'y sont rangés tous seuls, ceux qui s'en foutent pas mal et l'autre, ceux qui sont là par erreur, ceux qui ne cessent de s'évader, ceux qui ne s'en rendent même pas compte...
Ce doit être un joyeux bordel là dedans (...)
La corbeille vit sa vie de vide poches.
On ne peut pas être tenu responsable.
D'ailleurs parfois moi j'accepte d'autoarchiver mes éléments anciens.
QU'est ce qu'on s'en fout? Est ce que je sais moi où sont les Archives??
Je connais vraiment des gens qui gagneraient à ne pas être connus.
(...)
Corbeille s'il vous plaît.
07.04.06
le monde, et inversement
"Le jour où Edgar mourut, personne ne s'en aperçut. Seule Mlle Clapeau le vit s'effondrer à la sortie de la station du métro Saint Paul. Comme il ressuscita aussitôt, elle ne se rendit compte de rien. Edgar se redressa, et s'appuya contr ele mur de carrelage blanc. Bien que souffrant fortement de la tête et du genou, il se sentait aérien. Une certaine lourdeur l'avait quitté au moment où il s'était relevé. Il se demanda à qui appartenait le dossier éparpillé autour de lui, quelques feuillets montaient, emportés par les marches de l'escalier mécanique, avec trois poireaux et des pommes de terre. N'aimant pas les poireaux, il conclut que le dossier n'était pas à lui. C'était lumineux, aussi lumineux qu'il était soudain léger."
Claude Ponti
Pas lu ses autres romans, mais je me mets à table en espérant la régalade ,si c'est aussi chouette que le poussin Blaise et autre Okilélé...
Dire qu'il y a des enfants qui ne connaissent pas Ponti...
Qu'on les oblige peut être, à manger des poireaux.
05.04.06
pointillé
Pour gagner sa liberté, renoncer au continu.
Ne pratiquer que le pointillé.
tbc
